Notre bonne mine

Pour réaliser ces objectifs, deux plans d’austérité imposants ont été adoptés pendant l’été, en un temps record. Les familles italiennes possèdent plus de 9.000 milliards de richesse, ce qui place l’Italie à la troisième place européenne. Notre pays a mis en oeuvre d’importantes réformes visant à neutraliser les conséquences du vieillissement de la population. Les exportations, élément moteur de la reprise en 2010, augmentent, quoique légèrement: au mois d’août +0,1%.
25 OTT 11
Ultimo aggiornamento: 23:02 | 22 AGO 20
Immagine di Notre bonne mine
Gouvernement BERLUSCONI 2008-2011
2013: équilibre budgétaire. 2014: excédent primaire de 5,7% et dette publique de 112,6% du Pib.
Le gouvernement Berlusconi IV a assaini les finances publiques en atteignant l’objectif d’équilibre budgétaire en 2013. La dette publique sera ramenée sur la voie d’une réduction progressive.
En 2014, l’excédent budgétaire sera de 0,2% du Pib, l’excédent primaire de 5,7% du Pib et la dette publique de 112,6% du Pib. (Mise à jour du document d’économie et des finances, 22 septembre 2011).
Pour réaliser cet objectif, deux plans d’austérité imposants ont été adoptés pendant l’été, en un temps record. Ces mesures prévoient une correction du déficit tendanciel pour la période de 2011 à 2014 correspondant à 0,2%, 1,7%, 3,3% et 3,5% du Pib respectivement, soit environ 60 milliards d’euros à plein régime (Mise à jour du document d’économie et des finances, 22 septembre 2011).
On prévoit en 2011, un excédent primaire consistant de 0,9% du Pib. Malgré l’augmentation des dépenses au titre du service de la dette, cela permettra de réduire le ratio dette / Pib dès 2012 (119,5% contre 120,6% en 2011) (Mise à jour du document d’économie et des finances, 22 septembre 2011). Les données relatives aux huit premiers mois de l’année sont cohérentes avec ces objectifs.

***

Besoin de financement et dette des administrations publiques en diminution
Au cours des huit premiers mois de l’année, le besoin de financement des administrations publiques, hors cessions immobilières, correspondait à 50,5 milliards d’euros, soit 2,2 milliards d’euros de moins qu’en 2010 pour la même période. Si l’on exclut les paiements en faveur de la Grèce et la part revenant à l’Italie des prêts accordés par le Fonds européen de stabilité financière (Fesf), ce besoin a diminué de 6,3 milliards (Ministère de l’Économie et des Finances).
En outre, l’augmentation de la dette des administrations publiques enregistrée sur la même période était de + 56,7 milliards d’euros, soit une progression inférieure à celle de 2010 sur la même période (+78,4 milliards). Au mois d’août, la dette est à nouveau descendue en dessous du seuil des 1.900 milliards d’euros (Banque d’Italie, “Finanza pubblica, fabbisogno e debito”, 14 octobre 2011).

***

Une gestion prudente et rigoureuse des finances publiques depuis 2008
L’action d’assainissement des finances publiques menée par le gouvernement Berlusconi IV ne se limite pas simplement à des interventions décidées en 2011 mais part de plus loin. En effet, l’Italie a fait face aux années de crise internationale en adoptant une gestion prudente et rigoureuse propre à limiter le plus possible la détérioration inévitable des finances publiques.
Entre 2008 et 2010, le ratio dette publique / Pib a affiché une croissance plus faible que dans les autres pays. En Italie, ce ratio a augmenté de 12,7 points de pourcentage, contre 25,6 en Grande-Bretagne, 20,3 en Espagne, 16,9 en Allemagne et 14 en France (Eurostat, Dette brute consolidée des administrations publiques).

***

Les finances du pays sont solides
L’évolution de l’écart de taux (spread) des titres italiens avec le Bund est restée inférieure à celle de nombreux pays de la Zone euro en 2010. En 2007, avant la crise, l’écart de rendement entre les Btp (bons du Trésor italiens) et les Bund était de 20-25 points de base; entre 2008 et 2009, à l’exception d’un pic de 157 points, il est resté proche de 100 points, valeur à laquelle il s’est maintenu jusqu’au printemps 2010. L’écart a ensuite augmenté, en se maintenant cependant en dessous du seuil de 200 points jusqu’en juillet 2011. Ce n’est que ces derniers mois, dans le contexte d’instabilité sur les marchés financiers, que la fourchette s’est agrandie pour culminer à plus de 400 points de base.
Cette donnée sur l’écart de rendement ne tient pas compte des nombreux points forts des finances du système italien: solidité du système bancaire, faible niveau d’endettement des ménages et des entreprises et absence de déséquilibres sur le marché immobilier.

***

Les principaux organismes du système bancaire ont passé les tests de résistance européens
Les cinq groupes bancaires italiens qui ont été soumis aux tests de résistance européens (Unicredit, Intesa San Paolo, Monte dei Paschi di Siena, Banco Popolare et Ubi Banca) ont dépassé avec une marge amplement confortable la valeur de référence de 5%. Les banques concernées représentent plus de 62% de l’actif total du système bancaire national. Cet exercice confirme la capitalisation adéquate des banques italiennes et la capacité d’absorber l’impact d’une éventuelle détérioration conséquente des conditions macroéconomiques et du marché (Banque d’Italie, Communiqué de presse, 15 juillet 2011). Le système bancaire s’est donc révélé solide et suffisamment capitalisé.

***

Une position débitrice modérée du secteur privé

La position débitrice italienne est solide dans l’ensemble. En 2009, la dette publique brute (somme de la dette publique et de la dette des ménages, des entreprises financières et des entreprises non financières) correspondait à 337% du Pib, contre il 531% pour la Grande-Bretagne, 371% pour l’Espagne, 352% pour la France et 290% pour l’Allemagne.
Toujours en 2009, la dette du secteur privé italien (somme de la dette des ménages, des entreprises financières et des entreprises non financières) s’élevait à 221% du Pib, contre 463% pour la Grande-Bretagne, 318% pour l’Espagne, 274% pour la France et 217% pour l’Allemagne. Notamment, la dette des ménages italiens était de 42% du Pib, contre 103% pour les ménages britanniques, 84% pour les ménages espagnols, 63% pour les ménages allemands et 51% pour les ménages français (document d’économie et des finances, 13 avril 2011).
Les familles italiennes possèdent plus de 9.000 milliards d’euros de richesse, c’est-à-dire que chaque Italien adulte détient une richesse moyenne par habitant d’environ 190.000 euros, ce qui place l’Italie à la troisième place et à la huitième place respectivement de la classification européenne et mondiale (sur 160 pays), (Global Wealth Report 2011, Institut de recherche du Crédit Suisse).
L’Italie a la dette moyenne privée par adulte la plus faible parmi les pays du G7 (15.800 euros). Le pays se place en revanche à la troisième place (avec l’Allemagne) pour ce qui est du nombre absolu d’adultes possédant une richesse personnelle supérieure à 100.000 dollars, devancé seulement par les États-Unis et le Japon. L’Italie occupe le deuxième rang mondial pour ce qui est de la variation négative de la richesse des ménages entre 2007 et 2010, après la grande crise, avec une baisse de 3,8% (Global Wealth Report 2011, Institut de recherche du Crédit Suisse).

***

Absence de bulle spéculative immobilière

Aucune bulle spéculative immobilière n’a eu lieu et les prix n’ont pas chuté pendant la crise. Entre 2008 et 2010, les prix réels de l’immobilier en Italie ont diminué en moyenne de -2%, contre -5,7% en Espagne, -5,4% au Royaume-Uni et -4,5% en France. En Allemagne, les prix de l’immobilier en termes réels ont baissé en moyenne de -0,1% (Élaboré à partir de données OCDE, Perspectives économiques n 89). Étant donné que le logement représente 80% de la richesse réelle des familles (Banque d’Italie, enquête sur la richesse des ménages 2009), cette richesse est donc restée largement intacte.

***

Éléments critiques: faible croissance, participation réduite et faible productivité
Ces facteurs positifs s’accompagnent de trois éléments critiques pour l’économie italienne: une croissance faible, une participation réduite et une productivité faible. Au cours des quinze dernières années, le Pib de l’Italie a présenté une croissance inférieure à la moyenne de la Zone euro et s’est encore réduit davantage pendant la récession macroéconomique mondiale entre 2008 et 2009. Cela dénote une longue période de faible dynamisme et, parallèlement, une forte sensibilité au cycle économique.
Quoi qu’il en soit, il y a lieu de signaler que la nouvelle série des comptes nationaux indique que le Pib italien, en 2010, a augmenté d’1,5% et non d’1,3% et que, durant les deux années de crise, la diminution du Pib a été inférieure à celle initialement estimée (-1,2% au lieu de -1,3% en 2008 et -5,1% au lieu de -5,2% en 2009).
Le taux de croissance du produit potentiel, qui mesure les perspectives à moyen et long terme de l’économie, est resté proche de la moyenne de la Zone euro (1,9% contre 2,2%) pendant la dernière décennie du siècle dernier, mais les dix années suivantes ont été marquées par un retard d’environ 1 point de pourcentage. Cela rend notre système plus vulnérable aux contrecoups des oscillations cycliques et aux effets négatifs des crises financières et macroéconomiques.
Le faible dynamisme de l’économie italienne trouve son origine dans la stagnation de la productivité.
Si l’on examine, par exemple, la productivité du travail, on remarque que depuis la moitié des années 90, l’Italie affichait un taux de croissance supérieur d’environ 1 point de pourcentage à la moyenne de la Zone euro. Pendant la période 1996-2011, le taux de croissance moyen de la productivité du travail en Italie correspondait à 0%, tandis qu’il était de 0,9% pour la Zone euro.
Cette inertie est aussi la cause de la perte de compétitivité de l’Italie. Alors que la productivité de notre pays est inférieure à celle de nos concurrents, les salaires nominaux augmentent à peu près au même rythme que dans les autres pays. Cela détermine une augmentation du coût unitaire du travail supérieure en Italie par rapport aux autres pays et compromet la capacité compétitive.
Encore trop de personnes ne participent pas au marché du travail: le taux d’activité était de 62,2% en 2010, contre une moyenne de 71,4% pour les 17 pays de la Zone euro.

***

Des signaux rassurants: cohésion sociale, durabilité à long terme des dépenses sociales, amélioration de la conformité fiscale
Face à la faible croissance qui caractérise l’Italie depuis plus de dix ans, certains indicateurs font ressortir des signaux rassurants pour la solidité de notre pays.
Taux d’emploi alignés sur les taux de chômage européens
Bien qu’ils restent faibles, les taux d’emploi se sont approchés de la moyenne européenne; l’écart par rapport à la moyenne des 17 pays de la Zone euro était de 7,7 points de pourcentage en 2000, contre 7,3 points de pourcentage en 2010, (Eurostat, taux d’emploi – 15 à 64 ans).

***

Taux de chômage modérés et inférieurs à ceux de la Zone euro

En outre, à partir de 2003, l’Italie a enregistré des taux de chômage inférieurs à ceux de la Zone euro, qui sont restés relativement faibles même pendant les années de crise (sur les trois années la période 2008-2010, le taux de chômage était de 6,7%, 7,8% et 8,4% respectivement, contre une moyenne de 7,6%, 9,6% et 10,1% respectivement pour les 17 pays de la Zone euro; en août, dernière donnée disponible, le taux de chômage de l’Italie s’est fixé à 7,9%, soit 2,1 points de pourcentage de moins que la moyenne de la Zone euro (Banque de données en ligne Eurostat).

***

Cohésion sociale garantie
La crise mondiale a été affrontée de manière efficace, en garantissant la cohésion sociale et sans tensions particulières. Entre 2007 et 2011, les heures perdues de grève dans les grandes entreprises affichent même une évolution légèrement décroissante (heures de grève pour 1.000 heures de travail effectif dans les grandes entreprises: maximum 2007 = 4,8; maximum 2008 = 4; maximum 2009 = 2,9; maximum 2010 = 2,9 et maximum 2011 à ce jour = 4,5), (base de données Con Istat).

***

Capital humain préservé et réseau de protection social élargi
Pendant la crise, les amortisseurs sociaux ont permis d’éviter une perte de capital humain et le nouveau régime d’assurance chômage a permis de renforcer le réseau de protection sociale. Les ressources déployées ont été d’environ 38 milliards d’euros, soit plus de 2% du produit intérieur brut.
228 millions d’heures de chômage technique (cassa integrazione) ont été autorisées en 2008, 914 millions en 2009 e 1 milliard 203 millions en 2010. Au cours des 9 premiers mois, le nombre d’heures autorisées s’élevait à 732 millions, (Inps, Osservatorio sulla Cassa Integrazione Guadagni).

***

Neutralisation des effets du vieillissement démographique sur les dépenses publiques
Au fil des ans, notre pays a mis en œuvre d’importantes réformes visant à neutraliser les conséquences du vieillissement de la population sur les dépenses publiques et à améliorer ainsi la durabilité à long terme des finances publiques. Pour la période 2007-2060, il est prévu que les dépenses publiques liées au vieillissement de la population n’augmentent que d’1,6% en Italie, contre 4,8% en Allemagne, 2,7% en France et 9% en Espagne (Commission européenne et Comité de politique économique, rapport 2009 sur le vieillissement).

***

Importants succès sur le plan de la lutte contre l’évasion fiscale

En trois ans, des résultats importants ont été obtenus en matière de lutte contre l’évasion fiscale. Les recettes récupérées en 2008 correspondaient à environ 11 milliards d’euros en 2008 et ont plus que doublé en 2010 (25,4 milliards d’euros). (Agenzia delle Entrate, Inps et Equitalia, 10 février 2011).
L’Accord bilatéral avec la Confédération helvétique pour l’introduction d’un mécanisme de prélèvement à appliquer aux citoyens italiens non résidents en Suisse et y détenant des capitaux ou des biens patrimoniaux est en chantier et permettra de récupérer 15 à 17 milliards d’euros.

***

Un nouvel élan pour l’économie italienne grâce à la force motrice du secteur industriel
Les dernières données relatives aux entrées de commandes, à la production et au chiffre d’affaires de l’industrie indiquent une amélioration considérable par rapport aux mois précédents.
En août, les entrées de commandes ont augmenté de 5% sur une base conjoncturelle et de 10,5% par rapport au mois d’août 2010 (ISTAT, chiffre d’affaires et entrées de commandes de l’industrie, 19 octobre 2011).
Pendant cette période, la production a augmenté de 4,3% sur une base conjoncturelle et de 4,7% en termes tendanciels (Istat, Production industrielle, 10 octobre 2011).
Le chiffre d’affaires a enregistré une hausse de 4% par rapport au mois dernier et de 12% par rapport au mois d’août 2010 (Istat, chiffre d’affaires et entrées de commandes de l’industrie, 19 octobre 2011).
Ces données, lues avec la prudence qui s’impose dans l’attente de confirmations ultérieures, représentent un signal positif pour notre économie en faveur d’une reprise de l’activité productive.
En ce qui concerne le commerce extérieur, les exportations, élément moteur de la reprise en 2010, augmentent, quoique légèrement. Au mois d’août, les exportations ont enregistré une augmentation de +0,1% par rapport au mois précédent, face à une hausse des importations de +0,9%. Cependant, si l’on analyse les données tendancielles, les exportations en août indiquent une croissance soutenue correspondant à +16,2%, contre +12,5% pour les importations (Istat, Commerce extérieur, 14 octobre 2011).

***

Inflation sous contrôle
Dans l’ensemble, l’inflation reste sous contrôle. Bien que l’indice des prix à la consommation (Ipc) ait enregistré, au mois de septembre, une hausse de 3% par rapport à septembre 2010, l’évolution générale, bien qu’orientée vers la croissance, reste modérée. L’inflation acquise pour 2011 est de 2,6%, (Istat, Prix à la consommation, 14 octobre 2011).

***

Un programme d’action libéral et réformiste à compléter
Le gouvernement ne s’est pas limité à combattre la crise mais il a su aller plus loin en poursuivant le plus important programme de réforme que le pays ait connu depuis les dernières décennies.
Nous ne pouvons céder au chantage du parti du “non faire” ou, pire encore, du défaitisme. Le gouvernement a le devoir politique de mener à bien le programme d’action libéral, pivot du programme électoral présenté aux Italiens il y a pratiquement un an.
Beaucoup a été fait et longue est la liste des réformes de grande envergure déjà achevées, comme la réforme universitaire et scolaire, la réforme de l’administration publique et de l’emploi public, la réforme du système des retraites, l’imposant processus de réduction du cadre juridique en vigueur, la réforme et les interventions pour l’efficacité de la justice civile, l’activité de réorganisation et de codification de la réglementation par secteurs homogènes, et enfin le Code antimafia et les nouvelles procédures budgétaires.
D’autres réformes ont besoin d’un nouvel élan pour être menée à bien avant 2013, notamment celle du fédéralisme fiscal.
En outre, avec le Programme national de réformes présenté au printemps, l’Italie a formalisé son engagement vis-à-vis de ses citoyens et partenaires européens à réaliser ces réformes structurelles ambitieuses de façon à surmonter définitivement la crise et à relancer un développement durable pour le pays.

***

Programme d’action Bce

Le programme d’action de la Bce a été inscrit à l’ordre du jour et en grande partie adopté. Le programme d’action de la Bce pour l’Italie, tracé dans la lettre envoyée le 5 août, figurait déjà dans le programme du gouvernement. La lettre n’a fait qu’accélérer un processus déjà lancé par l’exécutif Berlusconi à travers le document d’économie et de finance, le “Décret développement” et le plan d’austérité (“Decreto manovra”) (en juillet). Si l’on compare les dispositions introduites par le gouvernement avec les recommandations fournies par la Bce, il ressort que celles-ci coïncident.
En outre, avec “Décret développement” et le plan d’austérité (approuvé en juillet), 27 mesures en faveur de la croissance ont déjà été approuvées et offriront, avec l’adoption prochaine du “Décret développement”, une réponse au besoin de renforcer le potentiel de croissance de l’économie.